LipandaDay : Une réforme du système éducatif congolais s’impose

Article : LipandaDay : Une réforme du système éducatif congolais s’impose
30 juin 2020

LipandaDay : Une réforme du système éducatif congolais s’impose

Le 30 juin de chaque année, le Congo célèbre le soixantième anniversaire de son accession à l’indépendance. Six décennies après le départ du colon, le congolais ayant récupéré ce géant aux pieds d’argile n’a pas fait mieux que son oppresseur. Fruit d’un système éducatif désuet, la classe dirigeante congolaise n’a produit que misère et désolation au grand dam de la population qui peine à voir le bout du tunnel.


En Afrique, soixante ans correspond à l’âge de la sagesse. À cet âge, on est une référence lors des réflexions sur les problèmes de la communauté ainsi que lors de la recherche des solutions y afférentes. Alors qu’il était censé être une source intarissable de sagesse et d’intelligence, le système éducatif congolais, du haut de ses six décennies, n’a produit qu’obscurité et ignorance. Malgré l’existence des plusieurs écoles et universités, le pays se trouve économiquement et socialement exsangue.

Programme scolaire fantaisiste

Inspiré du système belge, le programme scolaire congolais n’a fait que véhiculer mensonge et abrutissement. « Diego Cao a découvert l’embouchure du Fleuve Congo en 1482 », « les Africains communiquaient de bouche à oreille car ils n’avaient pas d’écriture », etc. Autant des contrevérités transmises à plusieurs générations au nom d’un programme scolaire fantaisiste. Soixante printemps après l’indépendance, les congolais continuent d’utiliser des manuels scolaires conçus et jadis utilisés pour détruire culturellement et spirituellement son peuple afin d’exploiter sans difficulté les richesses du pays de Kimbangu.

S’il ne diffuse pas des mensonges pour maintenir le citoyen congolais sous le joug de la colonisation culturelle et intellectuelle, le système éducatif congolais transmet une série des connaissances inutiles. Au lieu de se focaliser sur les différents aspects de l’histoire économique, politique et culturelle de nos ancêtres, on préfère transmettre aux jeunes générations l’histoire de la révolution française ou de l’empire romain. Fait étonnant, l’histoire enseignée dans nos écoles ne mentionne la colonisation que comme si les Africains n’avaient pas existé avant l’arrivée de l’oppresseur venu d’ailleurs. Quid de la révolte des Bashi qui résistèrent à la domination étrangère ou de l’écriture conçue par nos ancêtres exposée dans un musée à Kinshasa ?

Il n’est jamais tard pour mieux faire. L’heure est venue d’engager des réformes dans notre système éducatif afin de concevoir des contenus reflétant la véritable histoire du Congo écrite par les congolais. Également, pour mettre en valeur les réalisations de nos valeureux ancêtres, il est impérieux de concevoir des films d’animation ainsi que des livres pour enfants dont les héros seront nos ancêtres africains. Ce n’est que de cette manière que nous pourrons récupérer notre dignité détruite par les racistes venus nous coloniser. « Tant que les animaux n’auront pas leurs propres historiens, l’histoire de la chasse s’écrira toujours à la gloire du chasseur », dit-on.

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Commentaires

Odia
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Tu as raison ! Il est temps pour nous d'écrire notre histoire

Moïse Makangara
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Jules Ninda
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Bonne réflexion cher ami!

Claude
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Tres bonne reflection. Que peuvent etre les pistes de solution? Autant des etats generaux de l'education, toujours sur place...

Moïse Makangara
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Une réforme du système éducatif s'impose. La conception des manuels conçus en Afrique et par les africains serait un pas important dans la bonne direction

Élie smart bantu
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Vraiment notre système éducatif est un poison qui tue à long terme!.....

Moïse Makangara
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Clarisse
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Tu as raison mon fils,il est temps qu’on ouvre les yeux

Pierre MURHULA.
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vraiment.! c'est très profond et touchant.
Nous devons lutter pour la réforme du système éducatif, vu qu'il est aussi une des sources basiques du développement d'une nation.
Notre pays à besoin d'un développement afin d'accroître le bien être de tous les congolais.

Adrien MUGISHO
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Les colons fut parti tout en restant en laissant une technique constitutionnelle calquée sur le modèle occidentale et en laissant certaines dispositions embiguës dont l'interprétation suscite leur concours.
En nous laissant un modèle instructionnel primitif,en nous procurant des livres dont ils sont les principaux auteurs et en faire des dons pour nous flatter.
Arhali hinene hisimisa omugikulu disaient nos ancêtres.
comme piste de solution :
concevoir un modèle éducatif et institutionnel propre aux Africains.
La suppression des histoires occidentales dans les programmes scolaires et académiques ,
Refus de toute aide occidentale car la main qui donne est au dessus de celle qui reçoit (Marcel Mauss )
Mettre en oeuvre la politique de la " congolexicomatisation " prônée par Eddy Malou qui prend en compte les réalités congolaises.
Nous avons dit.

Moïse Makangara
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Vous avez raison cher Adrien Mugisho. Merci pour votre contribution au débat

fanchon
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Bonjour Moise, merci pour ce témoignage et appel à revisiter l’Histoire. J’ai découvert la RDC grâce à une formation Mondoblog à Dakar, je n’en suis pas fière. Si tu souhaites échanger sur notre expérience en Bretagne pour mieux faire connaître notre histoire, également absente des manuels scolaires français, n’hésites pas à me solliciter. Notre concept éducatif innovant s’appelle Bienvenue dans mon labo grandeur nature. Il permet d’accueillir en zone rurale des artistes, des porteurs de projets, et surtout des doctorant.e.s que nous accompagnons bénévolement sur la durée de leur thèse en associant les habitants aux projets de recherche, à la production de ce savoir en local. En 2021, pour info, nous recevrons à Pontivy en résidence de création l’Ensemble Bel Canto de Kinshasa en partenariat avec l’Académie d’art vocal. Au plaisir d'échanger et de partager nos expériences, nos questionnements. Fanchon, présidente de TIMILIN, territoires de l’imaginaire, de l’initiative locale et de l’innovation, auteure d’un mémoire en Développement durable appliqué sur les enjeux éducatifs et culturels dans les dynamiques de territoire (Université de Nantes)

Moïse Makangara
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Merci pour votre commentaire. Je serais ravi d'échanger avec vous sur la question.